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Le plus en vue dans la confrérie mouride du Sénégal, c’est certainement le « baye fallisme » comme l’est sans conteste son guide spirituel Cheikh Ibrahima Fall dont l’état de sa réalisation dans la classe maraboutique intrigue plus d’un et ne peut-être compris par de simples mortels. Le « Baye-Fall », dans l’imagerie populaire de ceux qui vivent très loin les réalités de cet adepte de Cheikh Ibra Fall, est très souvent perçu à travers de multiples déformations ; il est incompris par certains et dénigré par d’autres. Et à en croire pourtant c’est de par leurs actions que la voie mouride s’est dotée de « Daaras », de villages, d’une ville-capitale (Touba deuxième ville du Sénégal) en un mot d’une force surprenante d’expansion, de développement au plan spatial, et socio-économique. Comment est ce qu’on peut définir le « Baye fallisme » ? Quelles sont les forces du « baye fallisme » qui guident la trame de la réussite Mouride ? Le « baye fallisme », une aspiration « Ils sont nombreux ces Sénégalais qui éprouvent des difficultés à trouver une réponse adéquate quand on évoque le mot « baye Fall ». Cela est dû, le plus souvent, à deux faits marquants, à savoir ne pas prier et ne pas jeûner surtout durant le mois béni de ramadan ». Cette constatation est d’autant plus vraie lorsqu’on s’évertue à aller au-delà de l’entendement superficiel des termes « prier » et « jeûner ». En fait si « prier » veut signifier implorer, adjurer ou conjurer Dieu dans toute sa Splendeur, sa Mansuétude, le « baye Fall » fait parti des pieux fidèles qui se donne entièrement au service du Maître. Ils (les « baye Fall ») ne sont pas simplement des serviteurs mais des serviteurs au service du serviteur de l’Illustre Serviteur (Khadimou khadimou Rassoul). Ils sont en permanence plongés dans leurs captivantes séances de « Zikroullah » et de « Fikroullah », des moments pour louer à Dieu ou pour réfléchir profondément sur Dieu et sur ses créatures. Et durant ces moments de grande ferveur religieuse, il arrive qu’un « baye Fall » perde le contrôle de ses actes et tombe en transe, en extase ; en ce moment de la croyance, il peut se cogner brutalement contre un mûr ou un pilier en fer et s'en sortir sans la moindre écorchure. Ce phénomène échappant aux explications rationnelles, relève d’une clairvoyance dans l’acte d’adoration et d’une piété dans l’accomplissement de celui-ci. Et plus encore, l’acte de prier en question s’il permet de se rappeler de Dieu, le « baye Fall » par sa façon de vénérer le Tout Puissant ne l’a jamais faussé puisque plongé dans ses pratiques, il se trouve en parfaite symbiose avec son Seigneur. Leur guide disait ainsi en substance que celui qui se rappelle souvent Dieu commet d’ailleurs un grave péché parce que selon lui l’esclave se doit toujours d’avoir à l’esprit son Maître. En outre pour ce qui est du jeûne, le « baye Fall » en se soumettant totalement au service de son Seigneur prive toute sa personne de péchées. Tous ses organes seront exempts de prohibitions et d’interdits et c’est justement le sens le plus élevé qu’on peut donner au « jeûne ». La définition donc du « baye Fall » en le regardant stricto sensu aux pratiques religieuses est peu profonde et n’offre point une sémantique claire et nette. Cette difficulté qu’on rencontre à le définir est liée au degré de la croyance absolue en Dieu et au marabout (messager/ de Dieu) que chaque « baye Fall » pris individuellement a. La foi s’étalant à des niveaux divers, on a plutôt des « baye Fall » à visage multiforme. Leurs points communs, si ce n’est leur habillement en haillons multicolores, la chevelure débroussaillée ou très longue, la démarche sûre, se trouvent dans le respect à la règle des ordres du marabout et son détachement de tous les interdits. Ce chevalier de la foi, ce vrai talibé mouride porte fièrement en bandoulière sa croyance à sa couleur noire, son estime de la communauté et son abnégation à œuvrer pour l’islam. Le « baye fallisme » est donc une expression individuelle de l’âme avide de lumière et de paix intérieure. C’est un mouvement d’ensemble dans une unité de foi. C’est donc pour terminer une vie, une aspiration propre à chaque « baye Fall » et tournée vers Dieu. Le « baye-Fall », et son slogan du « Niakh diarignou ,Dieuf dieul » Mus par la volonté de servir, les « baye Fall » se besognent de faire de bonnes choses envers leur Seigneur et leur communauté. Par leurs actions, les « baye Fall » sont devenus les bras utiles du Mouridisme. Ils introduisent un nouveau type de rapport qui a marqué le chemin historique de la voie Mouride. Leur travail et leur abnégation totale ont toujours valorisé et modelé le Mouridisme sous ses facettes économique, culturel, et sociale. Des champs sont défrichés et cultivés, les constructions en dur ont supplantées les cases en pailles et palissades, les « daaras » se sont transformés en villages puis en villes et Touba symbole de la foi et de la puissance de la confrérie, est devenue la deuxième ville du Sénégal. La confrérie est passée de l’exploitation de l’arachide, au commerce, à l’import-export, à l’émigration vers l’Europe ou les Etats-Unis, aux Nouvelles techniques de l’Information et de la Communication comme peut le confirmer le professeur Jeans Copans. Pour les « baye Fall », c’est le travail qui est la voie royale pour s’affranchir de toute autorité si ce n’est de Dieu et d’exécuter ses recommandations. Le travail, parce qu’il permet aussi le dépassement de soi dans l’effort, est le premier pilier du « baye fallisme ». Par leur sens d’organisation dans le travail, c’est le marabout qui prend les décisions, les « diawrignes » investis de responsabilités coordonnent l’exécution de la portion de tâches qui leur sont confiés et les talibés regroupés en « kureels » seront les ouvriers-tayloristes qui vont s’efforcer à la réalisation. Chaque membre ainsi du « baye fallisme » est un maillon d’une chaîne ininterrompue qui tourne pour l’atteinte d’objectifs préétablis. La solidarité dans l’effort est aussi un des facteurs constructifs de la force du mouvement. Tout un chacun contribue, tout se partage et le don de soi est naturel. La foi en la communauté, en l’humain en quel que sorte, reflète aussi cette solidarité agissante et très entretenue. Le « baye fallisme » est donc du « Niakh diarignou, Dieuf dieul » et qui s’y mette récoltera les fruits de son effort le jour de la rétribution. 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