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Dépêches de Touba (Breaking news)

Le 18 Safar 1433, Grand Magal de Touba 2012 sera célébré le Jeudi 12 Janvier.

 
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L’itinéraire du Mouridisme : le centenaire de l’arbitraire

Suite au rappel à Dieu en 1883 de l’éminent érudit et homme de Dieu Serigne Momar Anta Sally, vénéré père de Cheikh Ahmadou Bamba, celui-ci fut pressenti pour lui succéder en qualité de juge du tribunal islamique dans la cour royale de Lat Dior Diop. Le futur fondateur du Mouridisme déclina courtoisement l’offre et composa ces fameux vers en guise de réponse : « ils m’ont conseillé d’accourir vers les portes des roitelets, ainsi obtiendrai-je en permanence des faveurs et des privilèges immenses. Et je leur rétorque que Dieu me suffit et je me contente de Sa Providence et de Son Assistance. Au demeurant, rien ne m’enchante en dehors de la science (savoir) et de la religion [l’Islam] ». La hauteur de cette réaction fit découvrir en la personne du Cheikh une très forte personnalité et un homme exceptionnel !

Cheikh Ahmadou Bamba, faudrait-il rappeler, enseignait auparavant les sciences religieuses dans la « daara » (centre d’enseignement et d’éducation) de son vénéré père. Celui-ci eut même l’occasion d’enseigner des ouvrages de théologie et de jurisprudence écrits par son illustre fils.

Peu de temps après la disparition de Serigne Momar Anta Sally, le Prophète (PSL) intima l’ordre à son futur serviteur « d’éduquer spirituellement [ses] disciples et de ne pas uniquement [se] limiter à la transmission d’un savoir livresque ». Il faut préciser que le Cheikh n’abandonna pas pour autant l’enseignement : il confia en effet l’enseignement coranique à Serigne Ndame Abdourahmane Lô et l’enseignement des sciences religieuses à Mame Thierno Birahim MBACKE et à Serigne Mbacké Bousso. On assista alors à l’avènement du Mouridisme, une voie qui prend sa source dans le Soufisme et repose sur le socle du Coran et de la Sounnah (Tradition du Prophète). C’est l’acte d’allégeance («Jebbëlu») à un guide attitré mouride qui consacre l’appartenance au Mouridisme. Le Pacte d’Allégeance est une Sounnah (Tradition prophétique) qui remonte à Qoudaybia où les «Sahâba » (Compagnons du Prophète) prêtèrent à l’Envoyé de DIEU le serment d’allégeance (sourate 48, versets 10 et 18). Toujours dans le Livre Saint, le TOUT-PUISSANT donne cette injonction aux croyants: « O vous qui croyez, faites preuve de crainte révérencielle envers Allah puis cherchez un moyen pour vous rapprocher de Lui » (S5, V35). Et Serigne Touba de renchérir : «celui qui veut parvenir à proximité de Dieu doit avoir un guide spirituel et s’atteler à la lecture du Coran».En fait, le Coran et la Sounnah constituent l’héritage que Le Prophète (PSL) nous a légué : « je vous ai, dit-il, légué deux choses qui vous préserveront de l’égarement aussi longtemps que vous vous y cramponnerez, à savoir le Livre de DIEU et ma Sounnah ».

Par ailleurs, dans une sentence qu’on pourrait assimiler à une Profession de Foi, Cheikh Ahmadou Bamba affirma : «j’ai, par considération pour le Prophète choisi de Dieu, comme intention et vocation la rénovation de sa Sainte Sounnah».Ainsi, le Cheikh se livra en tout temps et en tout lieu à une adoration de Dieu inimitable et se mit au service de Seyyidounâ Mouhamed (PSL).

Par diverses et originales méthodes didactiques, il inculqua la quintessence du message coranique aux nombreux disciples, adultes et vieux, qui avaient dépassé l’âge de scolarité. Il leur enseigna, par la pédagogie de l’exemple et du paradigme, la finalité du « Taçawwouf » (Soufisme) que sont, entres autres, la piété, la droiture, l’intégrité, l’humilité, le détachement des choses mondaines, la serviabilité et le service utile à sa communauté par le travail libérateur.

Ainsi, au terme de leur éducation spirituelle, les disciples se seront affranchis des tares du cœur tels que le mensonge, l’ostentation, la médisance, la calomnie, la fatuité, l’emprise de l’âme charnelle (« bakkan ») et de la passion profane (« banneex»),…gages du bonheur ici-bas et de la Félicité dans l’au-delà. A ce sujet, l’Envoyé de Dieu (PSL) déclare : « le Paradis est entouré de désagréments et  l’Enfer de voluptés ».Autrement dit, la voie menant au Paradis est jalonnée d’âpres difficultés tandis que celle qui aboutit à l’Enfer est ornée de plaisirs.

L’aura spirituelle du Cheikh attira de plus en plus les gens qui vinrent des quatre coins du pays pour s’imprégner de cette Lumière. En 1886, Serigne Touba fonda Darou Salam. En 1888, la sainte cité de Touba fut fondée par le Cheikh pour, selon ses termes,  «vivifier la Sounnah du Prophète (PSL) ». Boroom Touba n’y séjourna que durant sept ans. En effet, assailli de toutes parts par un nombre considérable de disciples qui l’empêchaient de se livrer en toute quiétude à ses retraites spirituelles, il quitta sa ville bien-aimée contre mauvaise fortune, bon cœur pour rallier Mbacké Bâry (une localité située dans le Djolof).

Le type d’éducation que nous évoquions plus haut qui évidemment jurait d’avec les objectifs anti-islamiques que les Blancs s’étaient assignés suscita chez ces derniers une vive jalousie et une inimitié viscérale. Dès lors, les colonialistes ne tardèrent pas à avoir maille à partir avec le Saint-Homme à qui ils prêtèrent des intentions bellicistes. Naturellement, les multiples agitations des disciples et leur soumission indéfectible au Cheikh furent telles que l’administration coloniale envoya ses acolytes chez lui aux fins de suivre de près les activités en cours dans son entourage. Cette démarche donna lieu à des rapports administratifs erronés qui firent état de velléités de préparation de la Jihâd (Guerre sainte) par le Cheikh ; une telle machination aboutit à la réunion du Conseil privé qui se tint le 5 septembre 1895 dans le bureau du gouverneur de Saint-Louis où l’on décida de son exil le 21 septembre de la même année.

En vérité, tous les griefs que les colonialistes formulaient à l’encontre de Cheikhoul Khadîm  et qui débouchèrent sur l’exil n’en furent que les causes apparentes. La réalité fut tout autre : « le motif de mon départ en exil procède de la volonté de DIEU de me faire accéder à un haut rang spirituel, de faire de moi l’intercesseur de mon peuple et le Serviteur éternel du Prophète » (Cheikh Ahmadou Bamba dixit). A propos de ce statut privilégié de « Serviteur du Prophète » le Cheikh a notamment dit : « Quiconque refuse de me reconnaître en tant que Serviteur du Prophète, moi je me contenterais alors d’être à son service eu égard au fait qu’il ait été choisi [par DIEU] » ; « je me mettrai au service du Prophète jusqu’à mon entrée au Paradis, la Demeure éternelle et providentielle ».

Au terme d’un  exil en Afrique équatoriale sous un climat torride (dans les pays actuellement connus sous le Gabon, le Cameroun et la Côte d’Ivoire) qui aura duré sept ans (1895-1902), Cheikh Ahmadou Bamba fut de nouveau déporté, cette fois-ci en Mauritanie (1903-1907) avant d’être interné dans la petite localité de Thiëyêne dans le Djolof (1907-1912) où régnait  une chaleur caniculaire.

Toutes les tentatives des colonialistes pour se débarrasser du Cheikh furent vaines. C’est alors qu’ils décidèrent unilatéralement de le placer en résidence surveillée à Diourbel assortie de restrictions et de privations draconiennes qui violaient de façon flagrante la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen votée par l’Assemblée constituante française (les ancêtres de ces colonialistes) le 26 août 1789 et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme votée le 10 décembre 1948 par l’ONU.

Mais cette assignation en résidence surveillée à Diourbel fut pour le Cheikh un facteur d’élévation spirituelle et de grâces exclusives. Il écrit : « ils [les colonialistes] ont décidé de m’assigner en résidence à Diourbel en l’an 1330H. S’ils en avaient pénétré les secrets, ils ne l’auraient assurément point souhaité, car cette assignation signe la déchéance et la mort de mes adversaires cependant qu’elle consacre mon éternité et pérennise mon bonheur ».

Suivant le calendrier musulman, cette année constitue le centenaire de cet arbitraire colonial (1330 H-1430 H).

 Cheikh Ahmadou Bamba SEYE

 Prof d’anglais au lycée Ahmadou Ndack Seck de Thiès.

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